Covid-19: Pasteur Pierre Laté appelle au secours des personnes vulnérables

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La pandémie à coronavirus (Covid-19) a changé les donnes dans tous les secteurs économiques et mis à genoux les pays les plus puissants de la planète Terre. Dans les pays en développement, des gens essaient de gérer la situation comme ils peuvent. Les hommes de Dieu qui ont reçu des missions d’assister les couches vulnérables éprouvent des difficultés et n’hésitent pas à demander de l’aide. C’est le cas du Pasteur Laté de l’Eglise Salem SITSOFE d’Agoè Assiyéyé qui appelle au secours pour subvenir aux besoins de ses fidèles, des veuves ainsi que des orphelins à sa charge. Lecture…

Vous parlez d’un projet de libération et d’assistancedes orphelins ainsi que des veuves que Dieu vous a confiés et qu’en cette période de la pandémie à coronavirus le projet semble très difficile à réaliser, qu’en est-il ?

Merci Monsieur le journaliste et que Dieu vous bénisse. En effet, c’est un grand projet dont j’ai intitulé : « Il est temps pour les orphelins et les veuves d’obtenir leur libération et leur assistance » surtout en cette période particulière de la pandémie à coronavirus au Togo. Je le disais tantôt que j’ai reçu un appel de Dieu le Créateur basé spécialement sur les orphelins et les veuves parce que ces derniers représentent une couche vulnérable qui ne bénéficie pas véritablement d’assistance si ce n’est grâce à la bonté de Dieu. Moi-même j’éprouve de la compassion tant pour les orphelins que pour les veuves alors j’ai pris cette mission à bras le corps.

J’ai prié et travaillé sur cet appel tant bien que mal malgré le peu de moyens dont dispose mon ministère et que je suis moi-même une personne en situation de handicap visuel. Cela ne m’a nullement empêché de tourner mon cœur jour après jour vers ces personnes. Et je voudrais attirer l’attention des bonnes volontés à faire de même, à tourner leur regard vers les orphelins et les veuves.

Vous êtes vous-mêmes une personne en situation de handicap visuel et c’est vous qui devez être assistés pas le contraire, vous ne trouvez pas cela trop lourd financièrement voire impossible à réaliser si c’est vous qui devez aider ?

C’est très difficile certes, mais pas impossible car personne n’a refusé ceci : si on vous assiste de quelque manière que ce soit, vous à votre tour vous ne devez porter d’assistance. Reconnaissons-le, c’est très difficile qu’une personne en situation de handicap qui souhaite aider une autre personne « valide » de surcroît, qu’est ce qui le motive tant. C’est la soif de répondre à l’appel de Dieu et l’amour de Dieu, celui d’être utilisé par Dieu pour porter assistance à couche vulnérable.

Je ne peux pas vous dire exactement comment j’arrive à subvenir à mes besoins si ce n’est Dieu qui passe par d’autres personnes pour me venir en aide.

Je vais vous dire une anecdote : Au lendemain de ma situation de handicap, j’ai fréquenté le centre des aveugles de Kpalimé ou j’ai senti la nécessité de travailler la terre à Kpélé Nyoémabu où j’ai cultivé le maïs, le haricot entre autres pendant vingt ans. J’ai rassemblé huit de mes frères aveugles comme moi et nous avons créé le Groupemernt des Aveugles Togolais. A l’issue de chaque récolte, je distribue du maïs et du haricot aux orphelins et aux veuves de ce milieu. Peu après il m’est encore venu à l’esprit de rassembler des gens et de prier avec eux. C’est à l’issue de cette série d’œuvre de charité que j’ai reçu la mission de Dieu de veiller sur les veuves et les orphelins. C’est grâce à la Sœur Gafan Delphine que j’ai fréquenté à Kpalimé et c’est de là qu’a débuté ma mission de sensibilisation et d’évangélisation à l’endroit de tout le monde particulièrement à l’endroit des démunis que constitue les veuves et les orphelins. Au fil des jours, les gens du milieu ont commencé à s’intéresser à ma prédication et par la suite j’ai regagné Lomé. J’ai ainsi cessé les activités champêtres. A Lomé, j’ai été accueilli par une veuve en la personne de Mme Kpadé Monique, paix à son âme. Cette dame de grand cœur m’a pris sous ses ailes pendant presque dix ans pendant lesquelles une partie de sa maison a servi de cadre pour nos prières. Ce qui m’a encore réconforté dans ma mission. Voilà comment de fil en aiguille j’ai commencé.

Comment êtes-vous devenu aveugles, êtes-vous nés ainsi ou c’est à l’issue d’une maladie congénitale ou d’un accident ?

C’est vrai mes soucis d’yeux ne proviennent ni par maladie ni par naissance mais suite à un incident je dirai. Comme tout enfant, j’ai commencé les cours primaires à l’âge de neuf ans. J’adorais le football et mon poste préféré est le gardien de but. J’ai fréquenté dans la préfecture de Yoto précisément à Sédomé ou j’ai gardé le but de mon équipe lors des interclasses. C’est lors d’une de ses rencontres épiques ou l’équipe adverse n’arrive pas à inscrire de but qu’un de ses joueurs s’est approché de moi et a ramassé du sable et l’a jeté dans ma figure. C’est à partir de ce moment j’ai perdu l’utilisation de mes yeux jusqu’à aujourd’hui. Des traitements sur traitements ne m’ont pas permis de recouvrer la vue. A l’époque mon père était un des responsables de l’Eglise Apostolique. Lui non plus n’a cessé de prier pour l’obtention de ma guérison. Les longues nuits de jeûnes et de prières de mon père et moi n’ont rien pu faire. C’est lors d’une des séances de jeûnes et prières que j’ai reçu la révélation comme si j’écoutais une station radio. Pendant une semaine durant, j’ai écouté la voix qui me disait : « dis à tes parents que ce n’est pas pour rien que j’ai perdu la vue. Ce n’est pas par le péché de ma mère ni par celui de mon père mais c’est pour que la gloire de Dieu se fasse et donc ne lutter point pour recouvrer votre vue ni à travers la prière ni rien. A partir d’aujourd’hui, poursuit la voix, je te prends comme intermédiaire, et tout ce que tu diras dans la vie des gens se réalisera ». C’est depuis ce jours j’ai pris mon bâton de pèlerin pour ma mission.

Combien de temps avez-vous débuté votre ministère ?

J’ai entamé ma mission d’évangélisation il y a presque vingt ans. C’est-à-dire depuis 2001. J’ai commencé mon ministère avant d’être sollicité par quelqu’un pour la guérison de deux folles béninoises et d’une femme qui n’arrive pas à concevoir. Les deux folles ont été guéries et la troisième personne a conçu à l’issue d’une série de prières.

20 ans de ministère, c’est beaucoup, avez-vous eu des difficultés tout au long de votre parcours jusqu’à aujourd’hui ?

J’ai rencontré beaucoup de difficultés je ne vous le cache pas. Comme un non-voyant, les débuts n’ont pas du tout été aisés pour moi. Je rassemblais des fidèles pour la prière et des personnes « valides » venaient les disperser. Pis. Des pasteurs comme moi en 2007, qui ont travaillé avec moi, repartaient avec mes fidèles ou disaient des énormités sur moi détournant ainsi les fidèles. Des difficultés j’en ai eues de toutes sortes. J’ai eu à créer des Eglises de Lomé jusqu’à Tabligbo mais aujourd’hui je suis avec cette seule église Salem. C’est par manque de gens honnêtes que je suis resté seul jusqu’à aujourd’hui. Des problèmes d’argent. L’endroit ou construire l’église, tous ces problèmes ont jalonné mon parcours. Il faut dire que c’est la grâce de Dieu que je continue par servir le Seigneur sinon il y a longtemps que j’aurai laissé tomber.

Votre mot de fin !

La musaraigne est vivante mais elle sent, qu’en sera –t-il quand elle décèdera ? Mon mot est celui-ci, cette pandémie à coronavirus a rendu les choses plus que difficiles. Je ne trouve pas de bonne volonté à m’aider à continuer par aider à mon tour les veuves et les orphelins en cette période particulière. Ce qui fait que les choses sont très difficiles. J’attire l’attention des bonnes volontés de tourner leur regard vers ces âmes sensibles. Bien que je n’ai pas d’argent je m’efforce à travers les professionnels de la communication à me faire écouter. Vous qui êtes des relais pour que quelqu’un m’entende. Que Dieu bénisse quelqu’un qui voudra bien m’assister pour qu’à mon tour je puisse sauver un orphelin ou une veuve quelque part. Je n’ai pas d’endroit moi-même pour dormir je ne peux pas rassembler les veuves et les orphelins donc ils sont chez eux. C’est depuis leur domicile que je les assiste Dans Jean 9 au verset 4, il est écrit : « pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde ».

Interview réalisée par Kwemené

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