Amah Hunlede: ‘Aujourd’hui la menace chimique est réelle et pèse sur tous les Etats industriels ou en développement’

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Suite à l’explosion de 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium survenue le 4 août dernier au port de Beyrouth (Liban) faisant 171 morts, plus de 6000 blessés, d’énormes dégâts matériels et bien d’autres incidents causés par les produits chimiques précédemment dans le monde, l’Autorité nationale pour l’interdiction des armes chimiques au Togo (ANIAC-Togo) attire l’attention des différents acteurs et du public togolais. Pour cette institution, même si ces incidents ne sont pas produits au Togo, leurs conséquences sont généralement très graves en termes de risques de contamination, dommages matériels et environnementaux et  pertes économiques.

Au Togo, des quantités importantes de produits chimiques de nature diverse sont déversées dans plusieurs secteurs d’activités tels que l’agriculture, la santé publique, l’élevage, les industries et les cosmétiques. Cette utilisation massive et incontrôlée des produits chimiques constitue l’une des principales sources de maladies, de contamination des aliments et de pollution des sols et des cours d’eau. Les risques d’exposition et de contamination sont souvent élevés puisque ces produits sont manipulés par des populations sous informées.

La gestion rationnelle des produits chimiques apparaît donc comme une question intersectorielle pour le développement durable compte tenu de la diversité et des conséquences potentielles de ces incidences.

Dans son rôle de lutter contre la prolifération des produits chimiques dans toutes leurs formes sur toute l’étendue du territoire national en assurant leur meilleure utilisation pour le bien-être socio-économique des populations, l’ANIAC-Togo animé vendredi un point de presse sur la situation de la gestion des produits chimiques et les mesures de réglementaires au Togo. La rencontre a permis d’informer le public sur les menaces liées à la manutention, au stockage, au transport et à la gestion des produits chimiques basés sur la prise des mesures réglementaires. Elle a enregistré la présence les représentants des ministères techniques, les industriels, les autorités portuaires, les organisations internationales.

« Aujourd’hui plus que jamais la menace chimique est réelle et pèse sur tous les Etats industriels ou en développement, et le Togo notre pays en fait partie. Cette situation interpelle davantage les autorités nationales pour l’interdiction des armes chimiques à sensibiliser et à créer une synergie d’actions entre toutes les différentes parties prenantes à l’activité chimique », a déclaré Amah Hunlede, président de l’ANIAC-Togo.

Selon M. Hunlede, les incidents liés aux produits chimiques ne peuvent être évités qu’à travers le respect par tous les acteurs des règles générales de sécurité et de sûreté dans les zones portuaires et en entreprises.

« Il s’agit de déterminer les causes possibles d’accidents majeurs c’est-à-dire identifier les défaillances potentielles du matériel et des dispositions d’ordre non matériel, les défauts éventuels des procédés ou de la conception ainsi que les erreurs humaines ; étudier les dangers dans toute installation utilisant les produits chimiques et inviter systématiquement l’exploitant à procéder à une étude des dangers dans les normes requises ; prévenir les incidents, cela suppose que même si la prévention des accidents incombe au premier chef à l’exploitant, le système de prévention devrait être établi par les autorités compétentes en consultation avec toutes les parties concernées et assurer une bonne gestion (entreposage, manipulation et traitement) des produits et déchets chimiques etc. », a-t-il indiqué.

Depuis sa mise en place le 4 novembre 2015, l’ANIAC-Togo mène des actions conformément à ses missions notamment, veiller à l’application de la Convention sur l’interdiction de la mise en œuvre au point, de la fabrication, du stockage et de l’emploi des armes chimiques et sur leur destruction par toute personne physique ou morale se trouvant sous juridiction ou sous contrôle de l’Etat togolais ; initier les mesures législatives, réglementaires et administratives en vue de l’application effective de la Convention ; coordonner les actions des différents départements ministériels allant dans le sens de la mise en œuvre de la Convention ; organiser des séances de sensibilisation avec les opérateurs économiques et les chercheurs sur les produits chimiques frappés d’interdiction par la Convention ; procéder à l’inspection des sites de produits chimiques et garantir le suivi de l’application de la Convention.

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