La contractualisation gagne progressivement du terrain avec le CHR Sokodé qui fait son entrée

0
160

Le ministre de la santé et de la protection sociale, le professeur Moustafa Mijiyawa n’a pas de répit cette semaine. Après le lancement de la contractualisation mardi  au CHR Dapaong et mercredi au CHU Kara, il s’est livré au même exercice ce jeudi au CHR Sokodé.

Le CHR Sokodé vient de renouer également avec la contractualisation qui est une vision du gouvernement pour aider à assainir la gestion des structures sanitaires publiques afin d’offrir des soins de qualité au plus grand nombre.

Selon le professeur Mijiyawa, depuis des années, des investissements sont  effectués par l’Etat dans le secteur de la santé, aussi bien dans les infrastructures, les équipements que dans la formation. Parallèlement, on enregistre un développement impressionnant et continu du secteur privé formel et surtout informel de soins. On observe également, l’apparition d’ONG de plus en plus nombreuses, l’implication des communautés, celle des entreprises, et la présence des collectivités locales en tant qu’acteurs publics, avec de nouvelles responsabilités qui leur sont confiées.

« Cependant, un important fossé sépare les ressources certes limitées injectées dans le secteur d’une part, et les performances des formations sanitaires d’autre part. Ce hiatus, né d’une défaillance de gestion et traduit par une désaffection de la population pour les centres publics de soins,  a conduit le Gouvernement  à mettre sur pied une réforme du mode de gestion de ceux-ci, fondée sur l’approche contractuelle. Le but de la contractualisation est d’harmoniser les ressources par rapport aux prestations et à la satisfaction des populations. Cette approche va  permettre à l’hôpital de dégager plus de bénéfices et d’investir dans un fonctionnement optimum, l’objectif étant la satisfaction de la population et d’arriver à une meilleure gestion des hôpitaux publics », a expliqué le ministre Mijiyawa.

De son côté, M. Kossi Tchalla, directeur du CHR Sokodé s’est réjoui de ces nouvelles réformes et a réitéré son engagement à œuvrer pour l’atteinte des objectifs poursuivis.

« Au nom de tout le personnel de l’établissement, je vous donne l’engagement de tous pour cette nouvelle vision ; cette nouvelle approche car tout le monde sort gagnant. Le personnel adhère résolument à  cette nouvelle approche. Nous avons la ferme conviction que les solutions aux grands problèmes que rencontrent les hôpitaux aujourd’hui passent nécessairement par cette nouvelle approche ; nous y avons foi », a indiqué M. Tchalla.

C’est toujours l’Organisation Internationale pour la Gestion Hospitalière (OIGH) a en charge la contractualisation au CHR Sokodé tout comme pour le CHR Dapaong et le CHU Kara.

« L’approche contractuelle à la togolaise » est fondée  sur le principe de délégation de la gestion des structures hospitalières publiques  à une entité privée. C’est-à-dire que l’Etat signe un contrat avec une société spécialisée dans la gestion des hôpitaux, à qui il délègue la gestion des hôpitaux. Ce n’est pas une privatisation, comme certains le pensent ou le disent, mais une délégation de gestion. La structure hospitalière reste et demeure publique.

Le CHR Sokodé est un Etablissement public à caractère administratif doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Il a été créé vers les années 1920 sous le nom du Dispensaire de Sokodé. Dans  les années 1930, il sera appelé centre de santé « Ambulance de Sokodé ». Après sa reconstruction entre 1977 et 1980 il a pris le nom de « Hôpital de Sokodé ».

Il sera érigé en Centre Hospitalier Régional de Sokodé par les dispositions du décret n° 90-191/PR du 26 décembre 1990 relatif à l’organisation et au fonctionnement des Etablissements Hospitaliers de la République Togolaise. Il a une capacité d’accueil de 260 lits dont 220 mis en service en 2017. Le CHR-S est le centre de référence de la région centrale qui désert les cinq districts sanitaires de la Région Centrale pour une population évaluée à plus de 743.000 habitants. Il est également sollicité par les populations des préfectures de Bassar (Région de la Kara), de l’Est Mono (Région des Plateaux) et des pays voisins.

Les services médico-techniques  sont entre autres la médecine générale, la chirurgie générale, la pédiatrie, la gynécologie obstétrique, le service urgences-porte, l’unité de santé mentale, l’odontostomatologie, l’ORL, l’ophtalmologie-lunetterie, la rééducation fonctionnelle (Kinésithérapie), l’appareillage orthopédique, les laboratoires, l’imagerie médicale (Radiologie, Echographie et ECG) et une pharmacie.

L’effectif du personnel aujourd’hui est de 317 agents dont 148 personnels médicaux et paramédicaux soit 47% et le personnel administratif  et de soutien est de 53%.

En 2017 le CHR de Sokodé a consulté 25.212 malades, hospitalisé 8.228 malades, réalisé un total de 62.909 actes, accouché 1960 femmes et fait 608 césariennes.

Il est à noter que la ville de Sokodé est caractérisée par un pouvoir d’achat très faible, ce qui justifie le nombre de demandes d’aide sociale reçues en 2017 et qui s’élève à 4.699 cas.

La rédaction

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here