Mme OURO-BANG’NA : ‘’Pour une sécurité routière garantie, il faut connaître et appliquer le code de la route »

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L’accident de la route constitue aujourd’hui l’un des fléaux qui tuent au Togo plus que toute autre chose. Selon les statistiques recueillis à la Direction des transports routier et ferroviaire (DTRF), de 2013 à 2017, il a été enregistré 30 289 cas d’accidents de la route avec près de 3 010 morts et 32 384 blessés, soit une moyenne annuelle de près de 6 058 accidents causant plus de 600 morts et 6 477 blessés par an. La majorité de ces accidents (plus de 60%) est causé par les véhicules à deux roues en plein essor dans notre pays et dont la quasi-totalité des conducteurs ignorent le code de la route et ne possèdent même pas de permis de conduire  catégorie A.

Face à cette situation préjudiciable à la société togolaise, la Direction des transports routiers et ferroviaires a initié un projet visant à former au moins 5 000 conducteurs de taxi-moto sur toute l’étendue du territoire national sur le code de la route afin qu’ils puissent passer l’examen et avoir leur permis de conduire. Pour en savoir davantage sur ce projet et les réformes enclenchées par la Direction en charge des transports au Togo, afin de faciliter l’accès de ses services aux populations, Togoenlive a eu un entretien avec la Coordinatrice du projet, Mme Nanamolla OURO BANG’NA, Chef de la division du contrôle, de la réglementation et des statistiques à la  Direction des transports routiers et ferroviaires.

Lire l’intégralité de l’entretien !

togoenlive : Parlez-nous du projet de formation initiée par votre institution à l’endroit des usagers et conducteurs des engins à deux roues.

Mme Nanamolla OURO BANG’NA : La Direction des transports routiers et ferroviaires a initié un projet consistant à former les conducteurs des engins à deux roues par rapport au code de la route, car nous avons constaté que la majorité des accidents de la route (60%) est causée par les véhicules à deux roues en plein essor dans notre pays et dont la quasi-totalité des conducteurs ignorent le code de la route et ne possèdent même pas leur permis de conduire. Sur un échantillon des immatriculations pris sur les 5 dernières années, il ressort que les 2 roues et assimilés occupent 75% de toutes les immatriculations, contre 25% de véhicules 4 roues. Ceci témoigne vraiment qu’il y a une grande prépondérance des deux roues. La proportion des accidents de la circulation ne cesse pourtant pas de monter et les preuves ont été apportées que les causes de ces accidents de la circulation proviennent essentiellement des véhicules à deux roues.

Pour solutionner ce problème sur le terrain, il faut attaquer le mal à la racine et cela vaudrait bien la peine que les conducteurs des engins à deux se fassent former en code de la route et soit aptes à répondre de façon habile dans la circulation, de façon à éviter les accidents de la route. Etant donné que les conducteurs des taxi-moto sont considérés comme un groupe assez vulnérable financièrement, il faut d’ores et déjà que l’Etat puisse commencer par subventionner d’une manière ou d’une autre leur formation, et c’est ce que nous faisons. La toute première vague (une trentaine de personnes) qui a été formée dernièrement nous a été fournie par la Délégation à l’organisation du secteur informel (DOSI), qui avait développé une politique d’assistance à ces conducteurs d’engins à deux roues. Notre ambition est grande, on ne s’arrêtera pas à 30 personnes. Nous comptons pouvoir former jusqu’à la fin de ce projet autour de 5000 conducteurs d’engins à deux roues sur toute l’étendue du territoire national. Cela n’est pas seulement la finalité, mais il y a un côté sensibilisation qui ne se fait peut-être pas voir dans la chose. Nous ne voulons pas seulement former les 5000 personnes à  la connaissance du code de la route, mais aussi à passer leur examen de permis de conduire. C’est pour cela que l’Etat a eu à revoir à la baisse la quittance des examens de permis de conduire catégorie A1 pour les engins à deux roues qui, de 10 000F avec un timbre de 500F, sont ramenés à 5000F avec un timbre de 500F, donc au lieu de 10 500F, c’est revenu à 5 500F.

Cependant, nous comptons beaucoup plus sur cette vague de conducteurs de taxi-moto qui sont en train d’être formés pour qu’ils servent de relais et qu’ils sensibilisent les autres, à ce que tout le monde puisse prendre conscience de l’utilité des permis de conduire dans la circulation. Nous voulons que tout le Togo soit mobilisé autour de cette question. Cela vaut vraiment la peine pour pouvoir renforcer la sécurité routière et réduire sensiblement les accidents de la route au Togo.

togoenlive : La Direction des transports routiers et ferroviaires a enclenché depuis un certain temps des réformes afin de faciliter l’accès de ses services aux populations, parlez-nous brièvement de ces nouvelles réformes.

Mme Nanamolla OURO BANG’NA : Depuis un certain temps, il est vrai que des réformes ont été enclenchées au niveau de la Direction des transports routiers et ferroviaires par rapport à nos prestations. Toutes les formalités qui se font à notre niveau sont revues d’une manière ou d’une autre. Aujourd’hui il est possible de faire l’immatriculation de son engin en ligne. Déjà à l’achat du véhicule au niveau du Port autonome de Lomé après le dédouanement, avec le concours de l’Union des professionnels agréés en douane (UPRAD), vous pouvez essayer d’enregistrer les caractéristiques de votre véhicule et juste après un temps vous allez voir que l’engin est disponible à être immatriculé à notre niveau.  Cela fait en sorte qu’aujourd’hui, les immatriculations ne durent plus comme avant. Il y a vraiment un gain de temps car juste après 33 heures il est possible d’avoir sa carte grise et aller chercher sa plaque d’immatriculation.

En dehors de ça, il est désormais possible aux propriétaires de véhicules de suivre en ligne l’étape à laquelle se trouve le processus d’immatriculation de leur véhicule pour ne pas subir toute forme de mensonge et de tromperie de la part de certains transitaires véreux, qui peut-être n’ont pas encore introduit le dossier dans le circuit, mais qui s’en vont dire aux gens que le dossier est en cours de traitement. C’est tout cela qui crée un discrédit sur les formalités qui se font à notre niveau. Aujourd’hui, il y a une grande amélioration aux prestations qui sont données au grand public.

Les permis de conduire, depuis un certain temps, ont été révisés d’une certaine façon et désormais, l’examen de permis de conduire se passe à deux niveaux. D’abord, il y a une phase théorique où le candidat vient subir des examens par projection des QCM auxquels il répond. A ce niveau, il y a déjà un processus d’anonymat qui se prépare pour ne pas permettre que les fraudes se glissent de part et d’autre et ensuite une phase pratique qui consiste à la conduite proprement dite, tout ceci après avoir passé avec succès la phase théorique. C’est pour cela qu’aujourd’hui tous les candidats luttent et s’évertuent réellement pour posséder pour maitriser le code de la route. Avant de passer l’examen, il faut se faire former dans une auto-école. Ne peut pas se lever aujourd’hui n’importe qui le veut pour venir à la DTRF et s’inscrire pour un examen de permis de conduire. Il faut que vous passiez forcément par une auto-école agréée. C’est seulement pour les catégories supérieures qu’on accepte la candidature libre, parce qu’aujourd’hui, il n’y a pas encore d’auto-école qui ait reçu un agrément pour former dans les catégories supérieures. Donc par rapport à ces catégories, il y a la possibilité de venir présenter librement sa candidature à la DTRF.

togoenlive : Votre mot de fin!

Mme Nanamolla OURO BANG’NA : Je dirai à toute la population togolaise de prendre vraiment conscience de la situation galopante des accidents de la circulation, de faire preuve de patience dans la circulation parce qu’une chose est de connaître le code de la route et d’avoir un permis de conduire, mais une autre chose est de savoir appliquer le code de la route. Il faut beaucoup de courtoisie de la part de tous les usagers de la route. Ce que nous remarquons sur nos routes, c’est que nous manquons vraiment de la courtoisie, tout le monde est pressé à la fois et personne ne sait comment faire pour appliquer de la tolérance pour rendre la circulation fluide. La courtoisie est vraiment un grand catalyseur pour la sécurité routière. Le fait de laisser passer quelqu’un sur qui vous savez que vous avez la priorité, c’est déjà la courtoisie. Le fait de faire en sorte que le piéton qui est un usager vulnérable de la circulation puisse trouver l’opportunité de traverser la route en toute sécurité, c’est également la courtoisie. Facilitons la tâche aux autres, c’est en cela que nous cultivons la promotion de la sécurité routière dans notre pays.

Interview réalisée par Max D.

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